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Les Saints et les Fous

Versus, d'Antoine Chainas

22 Juin 2011 , Rédigé par Pierre Jouan Publié dans #Polar

versus

J’ai lu d’excellentes critiques, on m’en a dit du bien, on me l’a vivement conseillé, je l’ai acheté, et puis... je l’ai oublié. Un polar de 600 pages, bon… pas que ça à faire. Il y a quelques semaines pourtant, en pleine overdose de SF (l’effet Baxter, je crois), j'ai cherché un divertissement, un truc sans prétention à lire au coucher. J’ai pris Versus comme ça, sans conviction, histoire de me faire une idée. Mal m’en a pris.

 

Les fameuses 600 pages ont été englouties en trois séances de veille prolongée, après lesquelles le sommeil fut systématiquement difficile à trouver (comme si j’avais besoin de ça). Dans le genre plongée-addictive-dans-les-tréfonds-de-l’âme-humaine, carburant au dégoût et au voyeurisme, c’est assez relevé. Dans une langue ordurière que ne renierait pas Ellroy, et dans un cadre de banlieue franchouille bien sordide qui évoque le Dantec des Racines du mal, on croise une galerie de siphonnés du bulbe auprès desquels les personnages de Palahniuk (au hasard : Choke, Survivant, Peste...) passent pour des amateurs de scène de chasse en canevas. Le major Paul Nazutti est, à ce titre, le plus attachant des infâmes racistes-homophobes-misogynes que j’aie pu rencontrer, et le récit de ses descentes dans les clubs S/M-hardcore sont de vrais moments de poésie.

 

C’est glauque à souhait, il n’y a pas une bonne âme pour en racheter une autre, et hormis un nihilisme radical et une haine farouche du genre humain, je ne vois pas quelle leçon tirer de ce livre. Ce qui en fait, à mes yeux, un petit chef d’œuvre. A ne pas mettre entre toutes les mains, donc, sauf si vous voulez traumatiser votre petite cousine, ou votre grand-tante qui lit Danielle Steel, ce qui peut se comprendre.

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