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Les Saints et les Fous

Once upon a time (TV)

11 Novembre 2011 , Rédigé par Pierre Jouan Publié dans #Fantasy

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La série Once upon a time, diffusée sur aux Etats-Unis sur ABC depuis trois semaines, occupe la case sympathique du « fantastique », au sens de Todorov : une hésitation entre le merveilleux et le réaliste. La narration est splittée en deux mondes évoluant parallèlement, la question étant de savoir lequel doit rendre raison de l’autre. Dans le « monde des contes », Blanche-Neige, les sept nains, le Prince Charmant, et Pinocchio sont victimes d’un sort lancé par la Reine/Sorcière si jalouse devant son beau miroir : écœurée par le bonheur insolent de White Snow et de son bellâtre, la super-vilaine décide de maudire le pays des contes en enfermant ses habitants dans un présent éternel, et en leur ôtant la mémoire. Seul espoir : l’enfant de Blanche-Neige est censé pouvoir rompre le maléfice... Dans le « monde réel », Emma Swan est contactée par Henry, dix ans, qui prétend être son fils abandonné à la naissance : l’enfant l’emmène dans une ville perdue du Maine, « Conteville », dont l’horloge principale s’est arrêtée dieu-sait-quand, et dont Henry prétend que tous les habitants sont des personnages de conte ayant oublié leur passé ; l'institutrice serait Blanche-Neige, le psychiatre Jiminy Cricket , et la maire Reine (la Reine-maire, aha). Le but d’Henry : convaincre Emma qu’elle est la fille de Blanche-Neige, afin de ramener tout le monde au pays des contes, où « tout se finit bien ».

 

Derrière ce pitch improbable digne d’un J.J. Abrams sous acide, et malgré quelques effets cheap qui prêtent à sourire, se cache une série assez plaisante (seulement trois épisodes pour l’instant…), drivée par des anciens de Lost. Son charme réside surtout dans l’hésitation sur la nature de ce qui est raconté – et qui, comme le sort qui a été jeté sur Conteville, devra un jour se briser. On ne sait pas, pour l’instant, si les évènements du « conte » doivent être considérés comme « réels » (c’est-à-dire ayant réellement eu lieu), ou s’ils sont le fruit de l’imagination trop pleine d’un garçon de dix ans, solitaire et en manque d’amour maternel. Car le monde des histoires pourrait n’être qu’une méta-histoire donnant un sens à sa situation, à son être-là en apparence absurde, comme le voudrait l’analyse psychanalytique du conte. C’est là l’ambigüité du fantastique, et elle ne sera pas levée tant que les scénaristes n’auront pas définitivement choisi : au final, ou bien l’explication scientifique prévaudra, et le monde des contes s’évaporera comme une chimère ; ou bien ce dernier subsistera, et l’on basculera dans le merveilleux. Lost, en son temps, avait dû faire son choix, elle aussi… Pour beaucoup, ce fut n’importe quoi, pour d’autres, ce fut cohérent, à condition d’accepter une réalité augmentée, enrichie par la fiction. Casse-gueule par essence, le fantastique ne peut pas durer ; profitons donc de ce moment de grâce, où l’on peut encore croire, pour un court moment, à la cohabitation du réel et de la magie.

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